Gilets jaunes : des propositions à l’adresse de nos gouvernants

Au moment du mouvement des « gilets jaunes » et de la Marche pour le Climat, j’ai rassemblé quelques pistes qu’il me semble bon de mettre en oeuvre. J’ai adressé la lettre suivante au Premier ministre.

Monsieur le premier ministre,

Puisque vous avez annoncé ouvrir le dialogue avec nous, je saisis la balle au bond et vous fais quelques suggestions.

Sans doute avez-vous pris la dimension de l’immense colère qui règne chez beaucoup d’entre nous, citoyen.ne.s ; aussi j’ose espérer que vous porterez une attention à ces propositions.

Vous verrez en bas de ce message à quel titre je vous écris.

  • Dans le domaine économique: privilégier l’industrie et le commerce local, en taxant fortement les transports de longue distance (mes confrères font souvent imprimer leurs livres en Europe de l’Est, voire en Asie du Sud-Est ; résultat : de moins en moins d’imprimeries sur le sol français.).
  • Dans le domaine des services publics: cesser de les concevoir en termes de rentabilité ; ceci est une courte vue qui ne prend pas en compte les externalités ! Fournir des voies ferroviaires, des hôpitaux, une éducation nationale, une justice, une police, etc. dignes de ce nom.
  • Dans le domaine énergétique: décentraliser la production au maximum, ce qui éliminera les pertes de transport et la vulnérabilité. Privilégier et encourager fiscalement fortement les énergies renouvelables, en mix énergétique.
  • Dans le domaine politique: je reprends une proposition qui circule sur les réseaux sociaux qui consiste à instaurer quatre référendums : révocatoire, constituant, législatif et abrogatoire. Je suppose que vous les trouverez facilement sur internet, sinon, je vous en donnerai le détail.
  • Dans le domaine fiscal: faire en sorte que toutes les entreprises payent le même taux d’impôts ; stop à l’évasion fiscale, qui ne profite encore une fois qu’aux grandes entreprises (les GAFAM et autres). Ces grandes entreprises profitent pourtant à plein des infrastructures et des services publics du pays. Luttez efficacement contre l’évasion fiscale (80 milliards d’€ annuels) au lieu de taxer les classes moyennes ou pauvres, au lieu de réduire le personnel des services fiscaux de plusieurs milliers de personnes.
  • Dans le domaine législatif: de mon point de vue, les gouvernements successifs privilégient toujours les intérêts du grand capital au détriment de ceux des citoyens ; vous êtes le gouvernement des lobbies : la FNSEA, les chasseurs, l’industrie pharmaceutique, le pétrole, le nucléaire, etc. la liste est longue. Tout est comme si ces lobbies tenaient le gouvernement en otage, peut-être pour bons services rendus…
  • Dans le domaine règlementaire: simplifier la réglementation pour les PME, à la différence des grandes entreprises. En effet, tout semble fait pour favoriser les grandes entreprises au détriment des petites ; nous, patrons de PME, sommes découragés par la masse de tracas administratif. Que deviendra notre économie lorsque moins de personnes se risqueront à créer ou reprendre des entreprises ? C’est la même crise de vocation que pour les maires de petites communes…
  • Dans le domaine de la santé: mettre un coup d’arrêt à l’industrie pharmaceutique (plus de 1 000 milliards de chiffre d’affaires, dont une bonne part pour corrompre les élus…) dont les ministres de la santé successives semblent être les voyageuses de commerce. Remettre à plat toute la politique de la santé qui n’est aujourd’hui qu’un vaste « marché » très lucratif. Commencer par une éducation à la santé dès un jeune âge, mettre l’accent sur la prévention (et non pas sur le dépistage, comme faisait la confusion une ministre de la santé récente), et l’usage des plantes et autres préparations peu coûteuses et sans effets secondaires.
  • Dans le domaine agricole: réorienter complètement la politique vers une agriculture biologique et durable. Renvoyer la FNSEA dans ses foyers. Cesser les agrocarburants. Permettre l’usage des PNPP (préparations végétales de traitement, lesquelles sont toujours contestées par les lobbies agrochimiques).
  • Dans le domaine éducatif: remettre tout à plat et s’inspirer du modèle finlandais ; décentraliser, permettre de la souplesse aux maître.ss.es des classes.
  • Dans le domaine monétaire: émettre une monnaie nationale non convertible mais garantie par l’Etat pour financer les grands travaux d’infrastructure et de transition énergétique.

Voici une liste non exhaustive dans laquelle vous pourrez puiser de l’inspiration. Vous pourrez ainsi redonner confiance aux citoyen.ne.s que nous sommes et cicatriser un peu le tissu social avant qu’il n’explose totalement, ce dont vous porteriez la responsabilité.

J’apporte les précisions suivantes :

  1. Toutes ces propositions sont étayées, je peux vous fournir les fondements, d’une part via des livres, d’autre part via des experts nombreux ;
  2. Ne vous abritez pas derrière la politique européenne pour rester inerte : la France est l’un des membres qui élabore cette politique, et d’autre part il est des moments historiques où il est légitime de la dépasser (cf. la France en 2008 / critère des 3% ; cf. la Grèce ; cf. l’Italie en ce moment). Si vous vous sentez impuissants, changez de métier, sinon vous faites un boulevard au Rassemblement National. Faites votre métier politique !
  3. N’invoquez pas le manque d’argent : 1/ vous en trouvez bien pour des aventures militaires discutables et pour les hyper-riches, et 2/ prenez le risque d’émettre une monnaie nationale complémentaire à l’Euro : les circonstances y poussent. Cette voie est tout à fait balisée également.

Je suis un homme de 63 ans. J’ai œuvré toute ma vie pour un monde meilleur, tant dans le monde associatif, que comme élu (4 mandats municipaux dont un de maire, d’une  petite commune de montagne, Hautes-Alpes), que professionnellement à travers mes deux marques éditoriales engagées dans l’éducation au sens large et l’innovation : www.souffledor.fr et www.yvesmichel.org

Comptant sur votre écoute, je vous souhaite bon courage et inspiration pour les temps prochains, monsieur le premier ministre.

Yves MICHEL

Note : de nombreux livres que j’ai publiés étayent ces propositions, parcourez mon blog et je souligne simplement celui-ci : UNE MONNAIE NATIONALE COMPLEMENTAIRE, par Philippe DERUDDER et André-Jacques HOLBECQ.

 

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