Grand moment d’émotion, source de nouvelle vision ? (ND de Paris)

ND de Paris : Quand les grands moments d’émotion, de silence, …facilitent par résonance dans le cerveau des reliances entre des idées, source de nouvelles visions sur le réel ?

Un texte de François Plassard, ingénieur agronome et docteur en économie (Paris 1Sorbonne) de déformation, qui à sa retraite tente d’initier et d’animer la démarche «  paysans terre mer » pour reconquérir de la souveraineté sécurité alimentaire sur les littoraux méditerranéens en privilégiant la permacuture non petroliere et les circuits courts riches de liens sociaux. Auteur de plusieurs livres dont :LA VIE RURALE:  ENJEU ECOLOGIQUE ET DE SOCIETE  Y.M.

 

Depuis 19h ce lundi 15 avril 2019, semaine de Pâques pour plus d’un milliard de chrétiens, Notre Dame de Paris brûle sous les yeux sidérés des parisiens, mais plus encore sous celui des croyants et incroyants qui ont fait dans leur vie un détour par Paris (15 millions de visiteurs par an!) et qui regardent ce soir leur écran de télévision !

Pendant quelques heures tragiques un mélange de sidération, d’émotion, de silence, voir de larmes …se transforme en sentiment de communion. Car la tragédie de Notre Dame de Paris qui brûle dépasse de loin celui de la souffrance de la seule communauté des chrétiens tant l’ampleur de ce monument au cœur de Paris de huit siècles et demi d’âge, semble aussi se fondre par son histoire au patrimoine culturel de l’humanité.

Dans ce moment de silence revient dans ma mémoire une leçon précieuse de Platon (dans Protagoras) : «  si l’humanité doit sa puissance à Prométhée qui lui confia les secrets du feu et de l’habileté technicienne, elle doit sa survie à Hermès qui , envoyé par Zeus, vint leur insuffler les sentiments de la pudeur, de la justice, et le sens politique afin qu’ils arrêtent de se massacrer et puissent vivre en communauté.

Plusieurs fois dans l’Histoire Notre Dame de Paris a servi de lieu de réconciliation entre le profane et le sacré et entre les religions .

Dans ce moment de silence, l’agnostique que je suis ne peut s’empêcher de rapprocher ce besoin de croire des humains à une vie éternelle après la mort ( que d’enterrements prestigieux à Notre dame de Paris !) qui fait paradoxe à la fragilité de la vie que le feu peut détruire en un instant ! Les extrêmes comme l’éternité d’un coté et l’éphémère de l’autre se rejoignent, et ne dit-on pas à propos de l’Amour qu’ils sont des instants d’éternité? Je pense à cette phrase du philosophe grec Héraclite, huit siècle avant Jésus Christ : «  Vivre de mort et mourir de vie ! ».

Mon esprit revient alors vers un présent plus proche, celui du 1er avril 2019 où Patrick Viveret , auteur des Dialogues en Humanité dans différents pays, et Edgar Morin s’entretenaient à Montpellier sur le thème de la transformation personnelle et collective pour un projet global de transition vers une société de la réconciliation avec la nature, avec soi même, avec le bien vivre. Il ne s’agissait plus du sacré au dessus de nos têtes des religions monothéistes mais de celui qui s’impose à nous maintenant depuis un siècle et demi en raison du déstockage du pétrole en CO2 provoquant le réchauffement climatique ! La encore apparaissait ce paradoxe partagé avec les collapsologues comme Pablo Servigne venu aussi à Montpellier rencontrer Edgar Morin : «  le pire est envisageable, mais le meilleur est encore possible ».

Nous sommes lundi, il est minuit et j’entends que les pompiers ont réussi à sauver du feu le trésor de Notre Dame de Paris : la couronne d’épine du Christ ramené par Saint Louis à Paris. Et que peut être les deux tours de la Cathédrale seront sauvegardées !

Le thème du grand débat sur « les fins de mois et la fin du monde » des gilets jaunes est donc reporté avant vendredi prochain anniversaire de la passion du Christ envoyé par son père et mort sur la croix pour sauver les hommes de leur péchés.

Sûr qu’avant vendredi, notre président Emmanuel Macron va nous parler en grand comptable de nos « dettes » (autre mot que le mot péché) pour équilibrer nos dépenses publiques avec les recettes en taxes ou en impôts.

Car en fait depuis les années 1971 où la création de la monnaie n’est plus contrainte à une équivalence en gramme d’or, ce qu’on appelait l’ « argent crédit » est devenu l’ « argent dette » ! La somme de l’argent dette que nos États Nations empruntent aux banques centrales (BCE, Réserve fédérale…soit 249 000 milliards de dollars en 2018) pour assurer les biens communs nécessaire à notre vivre ensemble (sécurité, santé, éducation, environnement, culture…) dépassent de 3,2 fois la somme de nos PIB ! Autant dire que une part importante de cette création monétaire (ex nihilo) pour récolter des intérêts, est de type spéculatif, source d’inégalités structurelles, alors que l’argent « moyen d’échange pour créer de la richesse » comme défini par Aristote, devrait être un bien commun donc géré par le Politique !

Dette écologique et dette financière ( par spéculation) sont deux facettes d’une même fuite en avant d’une société humaine qui avec la puissance du pétrole (source de CO2) a préféré obéir au dieu Prométhée de la puissance et du feu qu’au dieu Hermès de la sobriété et de l’humilité pour sauver la vie !

Et si la fête de Pâques où Dieu offre la vie de son fils sur la Croix pour sauver tous les péchés ou dettes du monde, était l’occasion de reconsidérer le rôle que nous donnons à l’argent « devenu dette » et à sa création en chiffres et en nombre dans les mémoires des ordinateurs comme des fictions qui dépassent le réel ? Après l’accord de Paris en 2015 sur le Climat (COP25) je me suis pris à rêver que la décision par le Politique de créer 1000 milliards d’euros avec la BCE pour être exemplaire sur le climat tout en créant du Bonheur intérieur brut, pourrait être une décision prise après Pâques par un autre GIEC , un GICA : un groupe interdisciplinaire de réflexion ou réconciliation conceptuel sur l’argent et le climat ?

Ce GICA pourrait se réunir avec les 24 pays du GIEC dans ce qu’il restera de Notre Dame de Paris !

Sûr qu’une petite partie de ces 1000 milliards d’euros pourront pour réparer le climat pourront aussi servir à reconstruire Notre Dame de Paris devenant ainsi un patrimoine universel !

François Plassard ingénieur agronome et docteur en économie (Paris 1Sorbonne) de déformation, qui a sa retraite tente d’initier et d’animer la démarche «  paysans terre mer » pour reconquérir de la souveraineté sécurité alimentaire sur les littoraux méditerranéens en privilégiant la permacuture non petroliere et les circuits courts riches de liens sociaux.

PS : modèle de lettre à envoyer à Dieu avant l’Ascension pour éviter que l’effondrement de l’argent dette, une fiction qui caractérise homo sapiens, d’un montant historiquement jamais égalé, comme par exemple le montant de tous les budgets de nos armées ! ne précède l’effondrement celui la bien réel du au réchauffement climatique conséquence de notre manière de produire, de consommer, de vivre ensemble déconnectés de nos territoires grâce aux énergies fossiles !

                  Mon Dieu,

Ci joint mon chèque ou indulgence pour la réparation de notre patrimoine mondial qu’est devenu la Cathedrale de Paris permettant aux hommes de se réconcilier sur leurs « croyances » puisque ce sont d’abord des êtres de fiction (les seuls animaux à avoir inventé la monnaie comme fiction pour gérer leur croissance démographique pour se positionner en haut de la chaîne alimentaire au détriment des autres !). Mon dieu en permettant aux hommes (grâce au GICA à Notre Dame?) de distinguer leur dette fiction qu’est l’argent dans sa part « illégitime, honteuse dans ses pratiques, illégale dans les paradis fiscaux », peut etre tu sauveras cette espece récente d’homo Sapiens Demens ( 100 000 ans ?) en lui permettant de se réconcilier avec lui meme et avec la nature avant qu’il ne devienne la cause concrète celle là (et non imaginaire) de la sixième extinction du vivant (qui a eu lieu il y a 65 millions d’années) sur cette tres petite planète à la peripherie de l’Univers qu’il ne quittera pas avant très longtemps !

A adresser sans réduction d’impôt à l’association des amis croyants et incroyants de Notre Dame de Paris.

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