Et si on habitait autrement: production d'un documentaire

Un film de Véronique Garcia à soutenir pour lui permettre de le produire: cliquez ici.

Ce sera sur la thématique de l’un de nos livres phares, écrit par Bruno PARASOTE: Autopromotion, habitat groupé, écologie et liens sociaux. YM.

Se loger aujourd’hui, en France et plus largement en Europe, est devenu très préoccupant pour la plupart d’entre nous, voire impossible pour un nombre malheureusement grandissant.

 Les politiques publiques en ce domaine ont toutes échoué, et même favorisé le grand responsable de cette crise du logement :la spéculation.

 Résultat ? Les loyers et les prix de vente au m2 grimpent sans fin, excluant chaque année de plus en plus de personnes de l’accès au logement.  Les pouvoirs publics n’ont plus la main, le système est dans une impasse.

 Devant ce constat, de plus en plus de personnes repensent la manière d’investir l’habitat et cherchent des alternatives plus en harmonie avec leurs valeurs.

 Aux quatre coins de l’Hexagone, des groupes se forment pour imaginer des projets d’habitat groupé. Et depuis une demi-douzaine d’années, le mouvement s’amplifie, avec de plus en plus de projets qui mettent en avant la réduction de l’empreinte écologique, la non spéculation, la recherche de mixité sociale, et l’importance donnée aux relations de voisinage.

Car au-delà des considérations économiques, la question de l’habitat fait référence à quelque chose de beaucoup plus vaste que le logement. Autour de l’habitat se joue en effet beaucoup plus que le toit qui nous abrite. Il est d’une importance capitale dans la construction de la personnalité de chacun, et donc dans la construction d’une société. La question est de savoir « comment on veut habiter » beaucoup plus que « où on veut habiter ».

 Aux côtés de la location et de la propriété individuelle existe donc maintenant ce qui est souvent qualifié de troisième voie : la coopérative d’habitants.

Le principe est simple : la coopérative est propriétaire des logements qu’elle loue à ses coopérateurs en échange d’un loyer et d’achat de parts sociales. Les habitants sont donc propriétaires collectivement du bien, mais locataires individuellement. Ce système permet de sortir durablement un bien de la spéculation, et propose un autre rapport au patrimoine : la fonction de résider et l’intérêt collectif priment sur l’investissement immobilier et l’enrichissement financier individuel.

 Comme la coopérative est une société sans but lucratif, elle propose à ses coopérateurs des logements dont les loyers reflètent le coût réel d’exploitation de l’immeuble dans lequel ils vivent. L’implication des coopérateurs, les efforts de mutualisation de moyens et d’espaces et le souhait d’éviter les intermédiaires permettent d’offrir des loyers bien inférieurs aux prix du marché. La mutualisation des capacités d’endettement permet à des ménages modestes d’accéder à la coopérative.

 Les caractéristiques intrinsèques au système coopératif (propriété collective sans but lucratif) évitent ainsi entrer dans une logique spéculative. Le coopérateur acquiert un certain nombre de parts sociales qui lui seront remboursées par la coopérative lorsqu’il décidera éventuellement de quitter son logement.

 De plus, les coopérateurs sont à l’origine du projet immobilier (en construction ou en rénovation). Ils déterminent donc leur logement individuel au plus près de leurs besoins et conçoivent, ensemble, des espaces collectifs : salle de jeux, buanderie, salle de répétition, atelier, chambres d’amis, potager… la liste est longue et varie suivant les groupes.

 Edito

L’histoire que je propose de raconter est celle de cette nouvelle « utopie » réjouissante, celle d’une recherche d’organisation sociale plus solidaire et plus humaine, à travers la question de l’habitat.

 La question que va poser ce documentaire pourrait se résumer ainsi : Et si on habitait autrement… Utopie ou véritable creuset d’innovation et de transformation sociale ?

 Il y a longtemps que je m’intéresse à ces alternatives habitantes, à titre professionnel et aussi à titre personnel. J’ai eu connaissance des nombreuses expériences de coopératives d’habitants, en Europe du Nord notamment (elles gèrent par exemple 40% du parc d’habitations à Oslo !) mais aussi en Suisse (jusqu’à 20% du parc dans les grandes villes), au Québec (où 50 000 personnes sont engagées dans des coopératives d’habitat), et en Italie où on assiste à un renouveau du coopératisme.

 A vrai dire, des coopératives de ce type se montent un peu partout dans les métropoles européennes de Bruxelles à Rotterdam en passant par Londres, Madrid et Berlin.

 Et sur le continent américain, l’important mouvement coopératif qui a vu le jour au Québec dans les années 1970 se poursuit et a donné lieu récemment aux très innovantes « community Landtrust » aux USA.

 En France, jusqu’à un passé très récent, ces initiatives étaient très marginales.

 Il faut dire que les coopératives d’habitants n’ont pas encore de statut juridique, ce qui entraîne un véritable parcours du combattant pour les adeptes de cette « troisième voie ».

 Aujourd’hui le potentiel est bien réel et, comme le soulignait Cécile Duflot il y a quelques semaines, l’habitat participatif est à un moment clé de son histoire, avec la création d’un réseau national et les travaux parlementaires en cours qui visent à donner une assise juridique à ces projets. Ces travaux devraient se conclure au cours du premier semestre 2013 par des avancées très nettes sur le terrain législatif.

 Les associations travaillent en ce moment d’arrache pied pour que le statut juridique soit enfin créé.

 Je réalise des documentaires depuis 15 ans, et l’une de mes thématiques de prédilection étant l’environnement, j’ai rencontré au cours des derniers mois de nombreuses personnes engagées au quotidien dans la recherche de la moindre empreinte écologique, la promotion des transports doux, la construction des éco quartiers, la recherche d’alternatives porteuses d’espoir. Mais j’ai pu constater à quel point ces initiatives avaient besoin d’être diffusées auprès du plus grand nombre pour grandir.

 C’est pourquoi il me paraît aujourd’hui très pertinent de proposer un film sur la thématique des coopératives d’habitants, car, si la recherche d’un nouveau mode d’habitat se fait de plus en plus pressante dans la société civile, rares sont les outils qui permettent les transferts d’expériences pour faciliter l’éclosion de nouveaux projets.

 Le soutien que vous pourrez apporter au projet me permettra de consacrer du temps à rencontrer des personnes engagées dans cette démarche et de dégrossir le plus possible les démarches nécessaires à la constitution de ces coopératives.

 Certains groupes sont en route depuis 4, 5 ou 6 ans, ils ont essuyé toutes les galères, de la difficulté à obtenir le foncier, les permis de construire, et l’accord des banques.

 Maintenant que leur projet va enfin voir le jour, ils peuvent nous communiquer leur expérience pour faciliter la tâche des futurs candidats.

 Quand j’aurai rencontré et choisi tous les intervenants, je pourrai passer à la phase d’écriture et de réalisation de ce documentaire, qui se veut comme un porte-voix de ces initiatives porteuses d’espoir.

 Car, squeezer la démarche pyramidale en s’organisant entre citoyens, dire non à la logique de profit, refuser d’entrer dans le jeu de la spéculation : cette alternative peut – en tous cas, souhaite ardemment -, le permettre.

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