Une prochaine crise alimentaire ? Denis Dupré à propos des céréales

Denis DUPRE a mené une enquête sur l’approvisionnement en céréales : ci-dessous.

Il est l’auteur de plusieurs livres dont chez nous CAMP PLANETAIRE: UN DANGER BIEN REEL , publié en février 2017…

Camp planétaire : un danger bien réel

Plus bas, découvrez Denis Dupré placements financiers qu’il vient de donner sur les placements financiers : fausses pistes et vrais placements éthiques.

Quelques idées pour éviter la famine en France en 2020

La France (lire ici) a un taux d’auto-approvisionnement, soit sa capacité à se fournir en nourriture en ne comptant que sur sa production indigène, de 110%.

Cependant une grande partie de la récolte future est déjà vendue. Si les importations sont brutalement difficiles et que les paysans honorent les contrats d’exportation qu’ils ont signés, nourrir la population demandera un rationnement de guerre. Peut-on ne pas en arriver là ?

Bruno Parmentier, expert agricole, explique que l’Angleterre commence à rationner les achats de boites de conserve et que l’Afrique aura probablement plus de mort de faim lié à la fermeture des échanges agricoles que du Coranovirus (ecouter ici).

Les pays excédentaires comme la Russie ou le Vietnam commencent à limiter leurs exportations.

La Russie, premier exportateur mondial de blé a défendu un projet de limiter les exportations russes de céréales à 7 millions de tonnes entre avril et juin ( lire ici).

« Les incertitudes liées à la disponibilité de nourriture peuvent déclencher une vague de restrictions à l’exportation, provoquant une pénurie sur le marché mondial », déclarent Tedros Adhanom Ghebreyesus, Qu Dongyu et Roberto Azevedo, directeurs généraux de l’OMS, de la FAO et de l’OMC.

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies, bras armé de l’ONU pour les urgences mondiales liées aux famines, tente aujourd’hui de sécuriser des stocks alimentaires pour les pénuries à venir.

Les pays riches comptent sur le libre marché pour compenser leur faible taux d’auto-approvisionnement. C’est le cas bien connu de la Chine mais aussi celui de la Suisse (50%) ou l’Allemagne (80%).

De même que la Chine joue sa diplomatie politique avec ses stocks de masques et de coton tige, il se pourrait qu’elle prépare des surstocks stratégiques dont elle bénéficiera en vendant a prix élevé et contre des avantages stratégiques comme elle le fait déjà en Europe et aux Etats-Unis avec les produits de lutte contre la pandémie.

De petits indices :

Des courtiers chinois ont acheté le 20 mars 2020 756 000 tonnes de maïs, 340 000 tonnes de blé dur rouge d’hiver et 110 000 tonnes de soja aux Etats-Unis. (lire ici) la Chine, qui aurait des réserves de farine pour au moins une année, en achète de grandes quantités, notamment aux Etats-Unis (lire ici).

En parallèle a ce stock physique, les financiers se préparent à faire monter les cours pour spéculer sur les famines à venir (écouter les techniques de corner ici minute 32 à 45) comme en 2009.

La solution du commissaire européen est de croire que le libre marché qui n’a pas fonctionné pour les masques va fonctionner pour l’alimentation « Il n’y pas de risque alimentaire, il y a en revanche une vigilance de tous les instants pour éviter qu’il y ait des blocages et pour faire en sorte que les flux de marchandises, de produits fonctionnent bien. » (lire ici)

Il y aura des blocages comme pour les masques et il faut une autre stratégie pour la France. Evidemment notre gouvernement nous rendra esclave des chinois à moins que nous ne ressaisissions notre  souveraineté politique (lire ici et ici). La révolte des gueux vue des puissants est la « vraie Démocratie ». Elle nous conduit à devenir intelligent collectivement. Dans ce cadre seulement un brain-storming à faire collectivement sur notre souveraineté alimentaire nous conduira à nous poser des questions aujourd’hui taboues :

  • Ticket de rationnement alimentaire pour éviter les stocks et les queues qui propagent l’épidémie (chaque personne a le droit d’acheter X kilo de nouilles par mois)
  • Autorisation avant toute exportation
  • Prix encadré pour éviter les « accapareurs »
  • Achat par l’état et revente aux autres états en besoin (pays européens, Suisse et PAM pour le monde)

 

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