La résidence alternée de l'enfant après la séparation des parents

4 Réponses

  1. Jacqueline Phélip dit :

    Cette réponse n’est pas « dépassionnée », comme vous dites, mais totalement déconnectée des réalités de terrain. C’est aussi la réponse d’une personne idéologiquement engagée en faveur de la résidence alternée et qui n’hésite pas à prendre les professeurs de pédopsychiatrie pour des imbéciles, incompétents de surcroît qui ne sauraient pas différencier les méfaits du rythme d’alternance des autres facteurs potentiellement responsables des symptômes des enfants.
    Il est en effet curieux que l’auteure de ce texte ne sache pas que la résidence alternée en France et contrairement aux pays anglo-saxons, est toujours pensée et revendiquée par les associations de droits des pères comme un temps égalitaire (le plus souvent hebdomadaire). Il est aussi curieux qu’elle ignore les études récentes faites par des équipes australiennes sur l’impact de la « garde physique partagée » sur les jeunes enfants. Il est curieux qu’elle ignore que tous les pays qui nous ont précédé dans cette voie, reviennent en arrière au fil du temps pour les mêmes observations qui sont faites chez nous. Elle ignore qu’aujourd’hui encore, qu’elles travaillent ou pas, « nouveaux pères » ou pas, ce sont toujours les mères qui s’occupent essentiellement des enfants durant la vie commune :
     En mars 2011, dans la revue Politique sociales et familiales, Carole Brugeilles et Pascal Sebille concluent ainsi d’une étude sur l’évolution du partage des activités parentales entre 2005 et 2009 :

    « L’étude de la répartition des tâches parentales et leur évolution confirment que les mères sont toujours les principales actrices dans la prise en charge des enfants, l’implication des pères restant au second plan et limitée dans le temps. De même, au sein des couples où la répartition des tâches est plutôt égalitaire, les changements sont plus fréquents, montrant que lorsque les activités sont plus partagées, les chances pour qu’au fil du temps les pères se désengagent sont plus importantes » (Brugeilles, Sebille, 2011).

    • Le Centre d’Analyse Stratégique, n° 294 (octobre 2012), « Désunion et paternité », rapporte :

    « La participation des pères n’a progressé que de 5 minutes en moyenne entre 1999 et 2010, même au sein des couples bi-actifs.
    Globalement, les femmes continuent de porter la charge des ajustements entre vie familiale et emploi. Une naissance implique une transition professionnelle, voire un déclassement, pour une part significative de femmes (sortie du marché du travail, passage à temps partiel, changement de poste), les ajustements pour les hommes étant moindres et n’étant pas de même nature.
    Moins d’un cinquième des hommes déclarent un changement professionnel après une naissance contre la moitié des femmes. L’examen des couples bi-actifs montre que la tendance à une spécialisation “traditionnelle” des femmes dans la sphère privée-familiale se renforce avec la naissance de chaque enfant
    Les différences dans le travail parental entre hommes et femmes sont aussi qualitatives. Les mères dédient le temps consacré aux enfants aux soins, au suivi des devoirs ou au travail domestique, tandis que les pères l’affectent plutôt aux loisirs et aux transports.
    Les mères restent beaucoup plus présentes que les pères auprès des enfants le mercredi, et s’arrangent pour les garder en cas d’imprévu (maladies, grèves, etc.), même quand les pères occupent des emplois leur permettant de moduler davantage leurs horaires ».

    Rappelons que sur la totalité des congés parentaux, 97 % sont pris par les mères, 3 % par les pères.
    Aucun père ne s’en plaint alors, personne n’a observé que les enfants se développaient ma…..
    Mais elle ignore également que lorsque les pères obtiennent une résidence alternée et à fortiori la garde totale d’un jeune enfant il ne fournissent pas les soins lui-même mais les confient à un substitut maternel, grand-mère paternelle ou nouvelle conjointe !

    Ceci étant dit, si Madame Rubio et ses co-signataires sont certains que la résidence alternée ne crée aucun risque psychique pour les enfants, il faut avoir le courage d’en attester nominalement. Sinon, nous rejoindrons la remarque de Maître Tétrault, avocat canadien, qui s’étonne que des adultes puissent faire des expérimentations sur des enfants en les utilisant comme cobayes.
    Lorsqu’on est confronté à des décisions de justice aberrantes, à des tout-bébés soumis systématiquement à la moitié des vacances scolaires dont parfois un mois complet l’été de séparation de chaque parent, à des témoignages de pédopsychiatres ou pédiatres qui nous relatent les dégâts sur les enfants, à des médecins poursuivis au Conseil de l’Ordre par des pères pour avoir attesté que la résidence alternée ne convenait pas à l’enfant, à des pédiatres qui refusent de suivre l’enfant tant ils sont menacés par des pères etc. vous comprendrez que nous puissions réagir à l’idéalisation que font les auteurs de ce communiqué, que ce soit des figures parentales ou de la résidence alternée.
    Jacqueline Phélip

  2. Lefeuvre dit :

    Pour faire suite aux débats publics et privés en cours, entre les prises de paroles de collectives, celles de professionnels divers et de celles parents, voici un autre texte à lire pour alimenter les réflexions de ceux qui souhaitent enrichir leur réflexion,à voir sur :

    https://secure.avaaz.org/fr/petition/A_Mme_Najat_Vallaud_Belkacem_et_Mme_Bertinotti_A_tous_les_JAF_defendre_la_residence_alternee_la_prioriser_en_tant_que_fe
    Dominique Lefeuvre

  3. Jacqueline Phélip dit :

    Une « réflexion » pour le moins cynique….car exiger le partage de la vie d’un enfant en deux parties égales sans égard à son âge ou au contexte parental mais au nom de l’égalité des sexes, est la confirmation que l’enfant est considéré comme une propriété de ses parents, « objet » à partager avec les meubles et le reste, et non comme une personne humaine à part entière qui a une existence propre et des besoins spécifiques.

    Stéphanie Hain, l’auteur de cette pétition ignore ou fait semblant d’ignorer plusieurs points :

    1) « on » ne privilégie pas un parent en fonction de son sexe, mais on « privilégie » celui qui était le principal pourvoyeur de soins pendant la vie commune, et dans l’immense majorité des situations il s’agit de la mère!

    2) Elle ignore que la dernière étude du ministère de la justice (novembre 2013)indique que dans la grande majorité des cas où la mère a essentiellement la garde des enfants, c’est avec l’ACCORD du père !

    http://www.rue89.com/2013/11/27/residence-enfants-apres-separation-93-peres-entendus-247924

    3) Elle ignore également que dans la majorité des cas où le père exige et obtient une résidence alternée pour un tout petit et a fortiori la garde totale, il ne fournit pas les soins lui-même mais les confie à un substitut maternel : grand-mère paternelle ou nouvelle compagne !

    Comme l’affirme le professeur Bernard Golse, lorsque les adultes, parents, magistrats et législateur cesseront d’avoir une réflexion adulto-centrée sur la question, peut-être alors seront-ils centrés sur les besoins de l’enfant.
    Peut-on considérer qu’un enfant, surtout jeune, n’aura besoin que de maman du 1er au 8, puis n’aura besoin que de papa du 8 au 15 etc. ???
    J’engage madame Hain et ses co-signataires à « nourrir leur réflexion » sur ce pont-là……….

  4. La majorité des pédopsychiatres farouchement opposés à la résidence alternée, même lorsque les conditions matérielles et affectives le permettent (exemples : ceux de la WAIMH-fr, COPES, APPEA, ASSOEDY, etc.) sont TOUS de pratique psychanalytique.

    Les psychologues scientifiques ayant travaillé sur le sujet des différents modes de résidence des enfants post-divorce (exemples : Chantal Zaouche-Gaudron, Gérard Poussin, Jean Le Camus, Richard A Warshak, Daniel Paquette, Robert Bauserman, William Fabricius, Linda A Nielsen, Joan B. Kelly, Michael E. Lamb, Blaise Pierrehumbert, et alii.) sont TOUS favorables à la résidence alternée lorsque les conditions matérielles et affectives le permettent.

    Ne pas confondre la psychanalyse (fondée sur la passion) et la psychologie scientifique (fondée sur la raison).

    Aussi, les divergences d’opinions des « spécialistes » au niveau de l’aptitude des parents à s’occuper des enfants post-divorce, et les besoins de l’enfant en matière de parentalité, n’est que la conséquence d’un désaccord technique entre psychanalyse et psychologie scientifique.

    Pour tout complément : https://blogs.mediapart.fr/pierre-laroche/blog/010114/la-parentalite-en-psychanalyse

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