Mercure dentaire et crise sanitaire dans le débat public !

Édito d’André Cicolella, président du RES (Reseau Environnement Santé)

Note d’Yves MICHEL: je vous recommande vivement de lire leur lettre d’info et de vous y abonner; le RES fait un travail remarquable au service de notre santé à tous !

METTRE LA CRISE SANITAIRE DANS LE DÉBAT PUBLIC

L’année 2014 va être une année cruciale pour la santé. La discussion autour de la Stratégie Nationale de Santé est ouverte. Elle doit aboutir à une nouvelle loi de santé publique. Par ailleurs, différents plans (Plan National Santé Environnement, Plan National Nutrition Santé, Plan Obésité, Plan Cancer…) sont arrivés à échéance et les nouveaux plans sont en cours d’élaboration. C’est l’occasion de faire entrer la question santé environnement dans toutes les politiques de santé et plus largement de mettre dans le débat public la question de la crise sanitaire. Contrairement au discours convenu selon lequel « l’état de santé des Français n’a jamais été aussi bon, puisque l’espérance de vie progresse », nous sommes en effet en situation de crise sanitaire en raison de l’épidémie de maladies chroniques. Celle-ci s’amplifie en France comme dans le monde entier, comme le montrent les chiffres des Affections de Longue Durée (ALD) publiés par le Régime Général de l’Assurance Maladie. Entre 2003 et 2011, par exemple, les AVC ont progressé de 49 % en France, mais de 91 % en Alsace ; l’insuffisance cardiaque de 93 % en France, mais de 124 % en Lorraine ; le diabète de 52 % en France, mais de 72 % en Basse-Normandie ; les cancers de 24 % en France, mais de 39 % en Languedoc-Roussillon. En 2011, le taux de cancer est 2,5 fois plus élevé dans l’Allier qu’à la Réunion[1].

Une telle progression et de telles disparités régionales ne peuvent s’expliquer par le seul vieillissement (la proportion des personnes âgées de plus de 60 ans a progressé de 9% sur la période) et l’effet dépistage (le Nord-Pas-de-Calais, région avec le plus fort taux de cancer du sein au monde est celle où le dépistage est le plus faible). C’est bien l’environnement, au sens large du mot environnement, qui est en cause, et c’est pour cela que la question santé environnement doit être centrale dans les politiques de santé. C’est la clef de compréhension de la crise sanitaire. Ce sera le sens de l’action du RES en 2014.

[1]. André Cicolella « Toxique planète. Le scandale invisible des maladies chroniques » Editions du Seuil, octobre 2013 et dossier Nouvel Obs

A la UNE

PLEINS FEUX SUR LE MERCURE DENTAIRE

Les amalgames dentaires se sont trouvés, ces dernières semaines, à la croisée d’actualités nombreuses. L’événement le plus significatif a été la signature de la Convention de Minamata sur le mercure au mois d’octobre : chaque Nation devra faire le nécessaire pour diminuer ses usages et rejets de mercure dentaire. L’Agence européenne SCHER a précisément montré que le mercure d’origine dentaire contamine de manière inquiétante les poissons que nous consommons. Au niveau européen, encore, le parlement a adopté un rapport qui condamne l’amalgame dentaire, puisque les eurodéputés ne veulent plus de substances cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques (CMR) ni de perturbateurs endocriniens (PE) dans les dispositifs médicaux invasifs : or le mercure est à la fois CMR et PE. Dans le même temps, l’Agence française du médicament (ANSM) a dû renoncer à un projet de rapport qui voulait blanchir l’amalgame une nouvelle fois. Outre l’ANSM, le principal obstacle pour avancer en France sur cette question vient des représentants de dentistes qui, à coup de désinformation et de semblant de coopération, sont parvenus à faire échouer un amendement des sénateurs Verts dont l’adoption aurait de facto mis fin à l’usage des « plombages ».

Les ACTUS du RES

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