Tchernobyl: la juge Bertella-Geoffroy suspendue dans l'affaire contre Pellerin !

Et voilà, au moment même où la catastrophe de Fukushima fait rage et montre tant les mensonges des autorités que l’incapacité de Tepco à gérer cette situation, hé bien, la justice française fait tout son possible pour blanchir les responsables de l’époque (le professeur Pellerin) d’avoir caché aux citoyens français la contamination radioactive suite à l’accident de Tchernobyl !
Le parquet général va requérir un non-lieu dans l’enquête sur le passage du nuage radioactif et les communiqués rassurants diffusés à l’époque !!!

Je trouve cela révoltant ! Une fois de plus un haut responsable va être couvert et “irresponsabilisé”, pendant que des citoyens vont devoir se débrouiller seuls avec leurs maladies et autres préjudices ! C’est une immense violence institutionnelle, c’est un déni de justice, c’est un déni de toute dignité humaine, c’est l’arrogance éclatante de cette oligarchie en place dans nos pays qui se moque totalement des gens, de leurs besoins et de leur santé, et qui n’a qu’une préoccupation: le fric !
Dans ce conditions, nous ne sommes plus dans un état de droit, et ça ouvre la porte à toute dérive et à toutes les violences: à notre gouvernement de porter cette responsabilité ! Jours sombres en perspective…
Yves MICHEL
Libération 18 mars 2011: En début de semaine, la juge d’instruction chargée du dossier de Tchernobyl, Marie-Odile Bertella-Geffroy, a été suspendue par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, une procédure assez rare.
Depuis 2002, une instruction est ouverte, 650 plaignants se sont portés partie civile, dont l‘Association française des malades de la thyroïde (AFMT) et la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Le professeur Pierre Pellerin, responsable du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) en 1986, est mis en examen pour «tromperie aggravée» parce qu’il n’a pas alerté du danger de la radioactivité. Il a demandé un non-lieu, refusé par la juge d’instruction. Il fait donc appel, soutenu par le parquet : l’audience aura lieu le 31 mars. Et la présidente de la chambre de l’instruction a décidé de suspendre tous les actes de la juge Bertella-Geffroy dans l’attente de la décision. C’est-à-dire dans plusieurs mois. «Cette attitude vise à étouffer l’instruction pénale portant sur la problématique majeure de la communication officielle en direction des populations lors des catastrophes nucléaires, ce qui est absolument intolérable», estime Chantal L’Hoir, la coprésidente de l’AFMT, dans un communiqué commun avec le Réseau Sortir du nucléaire.
Le professeur Pierre Pellerin, fondateur et directeur jusqu’en 1993 du Centre International de Référence pour la Radioactivité de l’OMS (AFP) Le professeur Pierre Pellerin, fondateur et directeur jusqu’en 1993 du Centre International de Référence pour la Radioactivité de l’OMS (AFP)
Le parquet général va requérir un non-lieu dans l’enquête sur le passage en France du nuage radioactif de Tchernobyl lors d’une audience de la Cour d’appel de Paris le 31 mars, a-t-on appris vendredi 18 mars de sources concordantes.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris doit étudier le 31 mars l’appel formé par le professeur Pierre Pellerin, mis en examen pour tromperie aggravée dans cette affaire, contre le refus de la juge d’instruction chargée de l’enquête d’ordonner un non-lieu, a-t-on appris auprès du cabinet de Me Bernard Fau, avocat des parties civiles. La juge d’instruction, Marie-Odile Bertella-Geffroy, a parallèlement été suspendue dans ce dossier dans l’attente de la décision de la cour d’appel, a-t-on précisé.
Le parquet général requiert un non-lieu général et une clôture de l’instruction pour une “bonne administration de la justice”, les faits remontant désormais à 25 ans, a-t-on indiqué de source judiciaire.
Après examen d’études scientifiques et d’avis d’experts, il soutient également le non-lieu demandé par le Pr Pierre Pellerin, estimant qu’aucun élément intentionnel ne permet de caractériser la tromperie aggravée, a-t-on précisé.
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“Intolérable”: L’Association française des Malades de la Thyroïde (AMFT) a regretté cette décision. “Cette attitude vise à étouffer l’instruction pénale portant sur la problématique majeure de la communication officielle en direction des populations, lors des catastrophes nucléaires, ce qui est absolument intolérable”, a réagi Chantal Lhoir, sa coprésidente dans un communiqué.
Dans les jours qui ont suivi l’explosion du réacteur numéro quatre de la centrale ukrainienne de Tchernobyl le 26 avril 1986, le Service central de Protection contre les Rayons ionisants, dirigé par le Pr Pierre Pellerin, avait diffusé plusieurs communiqués rassurants, affirmant notamment que “l’élévation relative de la radioactivité” en France était “très largement inférieure aux limites réglementaires”.
L’enquête sur le passage en France du nuage de Tchernobyl a été ouverte en juillet 2001 suite à une plainte de l’AMFT et de la Commission de Recherche et d’Information indépendante sur la Radioactivité.

Bibliographie conseillée: Contaminations radioactives: atlas France et europe, André Paris et CRIIRAD

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