Le mythe du "grand retour" du nucléaire

Le nucléaire est marginal et déclinant
Il n’y a pas de “grand retour” du nucléaire
Ces temps-ci, un certain nombre de journalistes ont pris pour argent comptant les effets d’annonce des industriels du nucléaire, relayés par la Commission européene.
Ainsi, le nucléaire ferait son “grand retour”. Non seulement ce n’est pas le cas, mais… la réalité est exactement inverse. Ce 1er janvier 2007, pas moins de sept réacteurs ont définitivement cessé de fonctionner en Europe, atteints par la limite d’âge ou devenus trop dangereux : deux à Dungeness et deux à Sizewell (Angleterre), deux à Kozlodoui (Bulgarie), et un à Bohunice (Slovaquie). Il ne s’agit là que des prémices d’un déclin inexorable que l’industrie nucléaire mondiale, au mieux, va tenter de limiter.
Ainsi, le 10 novembre 2006, Claude Mandil, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a déclaré : “la tâche principale de l’industrie nucléaire dans les années à venir sera de remplacer les centrales existantes qui auront atteint leur fin de vie. Cela signifie qu’on aura besoin de nombreuses centrales sans pour autant augmenter la part du nucléaire dans la production d’électricité.
Et encore, il s’agit d’une formulation diplomatique de la part de M. Mandil, mieux placé que quiconque pour savoir que c’est la déclin qui attend le nucléaire : la seule chose qui soit certaine est la fermeture, d’ici 2025, d’environ 250 réacteurs nucléaires sur les 435 en fonctionnement actuellement sur la planète. Et la fermeture des autres arrivera dans les deux décennies suivantes.
Les tenants du nucléaire tentent de se rassurer en utilisant la méthode coué : on dénombrerait ainsi “222 projets de constructions de réacteurs“. Il s’agit de la pauvre compilation d’effets d’annonce, la plupart du temps faits par des représentants locaux de l’industrie nucléaire.
Le nucléaire permettrait de lutter contre le réchauffement climatique ? Le rapport “Facteur 4”, remis au gouvernement français en octobre dernier, explique que “l’énergie nucléaire représente 2 % de l’énergie finale dans le monde” et pointe “l’apport finalement marginal du nucléaire” dans la lutte contre l’effet de serre.
Le prix de l’électricité d’origine nucléaire deviendrait compétitif ? Les britanique n’en finissent plus de réévaluer la facture du démantèlement de leurs installations, passée de 70 à 104 milliards d’euros en quelques semaines. Pour la France, on peut multiplier ce total par trois ou quatre : explosif !
L’atome surferait sur la vague écologiste et l’opinion y serait favorable ? La Commission européenne est restée bien discrète sur le sondage qu’elle vient elle-même de commander et qui montre que seulement 20% des européens (et 21% des français) sont favorables au nucléaire.
La France serait un “expert” reconnu ? Areva n’arrive même pas à construire le seul réacteur qu’elle ait réussi à vendre, l’EPR en Finlande : au moins 3 ans de retard et 1 milliard d’euros de pénalités. En attendant pire.
Le changement climatique et la montée du prix de l’énergie sont de vrais problèmes… mais le nucléaire, marginal et déclinant, est totalement incapable d’y répondre. Il ajoute par contre ses propres tares : risques de catastrophes, déchets radioactifs, prolifération vers la bombe atomique. Pour sauver la planète, il faut certes lutter contre le changement climatique, mais aussi sortir au plus vite du nucléaire. On ne soigne pas la peste avec le choléra…
Stéphane Lhomme
Porte-parole du Réseau “Sortir du nucléaire”

Pas de réponses

  1. Marc dit :

    En effet, le "retour" du nucléaire est plus une apparence qu'une réalité ( voir le lien dans "site internet" ).
    Certes, le nombre de réacteurs pourra augmenter de façon transitoire, surtout si certains réacteurs en fin de vie sont prolongés de 20 ans comme c'est le cas aux Etats-Unis avec tout l'accroissement de risques que cela implique.
    Mais ce qui est déterminant, c'est la production d'uranium qui va atteindre un maximum dans 15 à 20 ans avant de diminuer, ce qui entrainera le déclin de tout le secteur nucléaire.
    A l'évidence, les réacteurs de génération IV arriveront avec vingt ans de retard et ne sont qu'une illusion trompeuse.

  2. moricho dit :

    En réponse à Marc, sur le retour du nucléaire.
    L'épuisement du stock d'uranium ne sera pas la cause du déclin du nucléaire.Les inventeurs du nucléaire comptent toujours sur le plutonium extrait du combustible usé pour y répondre.Ils travaillent sur le combustible MOX de demain et les surgénérateurs refroidis au sodium. L'échec de SPX ne les a pas calmés.

  3. humorix dit :

    "Sortir du nucléaire" c'est 'bien beau' mais, remplacer par quoi ?
    Les voitures électriques rechargent leurs batteries sur quoi ? Sur l'énergie solaire ? L'arnaque des panneaux photo-voltaïques comme des éoliennes (comme des Segways)ne sont pas l'à-point attendu.
    Aux regards des tramways, il existe en fêtes foraines des voitures électriques (autotamponneuses) qui s'alimentent au pantographe sous 'catenaire' (grillage électrifié), alors, pourquoi pas dans les rues, avenues ? Des véhicules qui rechargeraient leurs batteries sous grillages pour aller en des endroits où l'électrification n'y est pas ?
    Réponse: je poserais plutôt la question dans le sens 1/ de l'efficacité énergétique, gros gisement ! et 2/ de revoir notre modèle de société gaspilleuse et frivole 3/ décentraliser la production énergétique, ce qui économiserait les pertes de transport et favoriserait une société moins policière et moins vulnérable, etc… Y.Michel

  4. humorix dit :

    "Décentraliser la production énergétique" ?!
    Voulez-vous parler des panneaux solaires s/les toits qui sont d'un prix a partir en courant et dont l'EdF rachèterait les "trops"d'énergie (quand il y en a) ? Ce contrat vous lie avec EdF (au cas où vous auriez eut la mauvaise idée de vendre votre électricité à vos voisins).
    Eolienne ? Voir l'article du LATimes du 3 Avril 2009 sur San Gorgonio (Californie). Et du nombre de celles qui sont arrêtées au Texas (en attendant que le baril remonte à 300$, pour être rentable !). Sans parler du bruit !
    Pour que les Etats-Unis puissent arriver a produire 20% de l'électricité, il serait nécessaire d'avoir…:233.330 éoliennes !

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