Bachelot et Accoyer déclenchent la guerre des psys !

L’Etat français prêt à tout pour “cadrer” et psychiatriser les psychothérapies: déni de démocratie, amalgames avec les sectes, etc. Nous vous avons déjà alerté sur le sujet.
De quoi désespérer de la vie citoyenne en France, lorsque des psychothérapeutes réunis en fédérations ont discuté pendant des années avec le ministère de la santé, puis ont été piétinés par M. Accoyer, et lorsque M. Fenech tente d’amalgamer toutes les psychothérapies avec des sectes…
Vous lirez ci-dessous un débat sur le site de l’Express, avec l’avis de Roland Gori, l’auteur de “l’Appel des appels”, ainsi que le point de vue des psychologues et des psychothérapeutes.
Je vous incite à bien vous documenter et à exprimer votre opinion: ne soyons pas dupes, cette basse manoeuvre s’inscrit dans le cadre du grignotement de nos libertés et de la mise au pas de notre société, où “rien ne doit dépasser”, vers une société totalitaire; n’oublions pas ce que nous dit l’histoire, à travers les relations étroites entre tous les dictateurs et la psychiatrie !
Au contraire, affirmons la richesse, la diversité, l’écoute en profondeur de nombreuses approches de psychothérapie sérieuses et fondées sur des formations solides ! Ici personne n’est obligé, et c’est sans médicament: deux grosses différences avec la psychiatrie ! Ayons à l’esprit que les formations dispensées par “luniversité française” n’exige aucun travail sur soi, ce sont de pures connaissances théoriques ! Et ces gens voudraient tout régir… Yves MICHEL
Le décret qui fixe depuis quelques jours le statut des psychothérapeutes fait crier les psychologues à l’injustice. Par Gilbert Charles, publié le 02/06/2010 à 18:55
Le ministère de la santé a réussi à liguer contre lui les deux principales associations de psychologues et enseignants en psychologie, qui jusque-là entretenaient entre elles des relations plutôt conflictuelles. Motif de cette union sacrée: le décret le décret d’application réglementant la profession de psychothérapeute, publié le 20 mai au Journal officiel. Destiné à lutter contre le charlatanisme et les “dérives sectaires” de certains psys, il prévoit que toute personne désirant exercer la fonction de psychothérapeute doit être inscrit sur un “registre national” et justifier d’une formation en psychopathologie clinique de 400 heures et d’un stage pratique d’au moins un mois.
Ces dispositions, issues d’un amendement déposé par Bernard Accoyer, l’actuel président de l’assemblée nationale, à la loi de santé publique votée en 2004, n’ont jamais été appliquées depuis, faute de décret. Très attendu par tous les professionnels de la santé mentale, le texte dont vient d’accoucher le ministère, après des années de tergiversations, est pourtant loin de satisfaire le Syndicat National des Psychologues et la Fédération française des psychologues et de psychologie, qui crient de concert à l’injustice. Un article en annexe donne en effet, selon eux, un avantage “exorbitant” aux psychiatres par rapport aux psychologues.
Ces derniers, titulaires pour la plupart d’un master en psychopathologie clinique, devront suivre un complément de formation de 150 heures, dont sont dispensés les psychiatres, qui reçoivent pourtant un enseignement pratiquement identique dans les facultés de médecine. “Cette mesure repose sur une conception purement médicale de la psychopathologie, en contradiction flagrante avec les traditions universitaires françaises”, s’indigne Jacques Borgy, le Secrétaire général du SNP.
Un point de vue partagé par le professeur de psychopathologie Roland Gori: “Les psychologues sont bien plus au fait de la psychothérapie que les médecins issus des cursus de psychiatrie, où cette formation est au mieux négligée, au pire proscrite, estime-t-il. Le ministère semble céder à la tentation politique de mettre en place une psychothérapie d’État dominée par le psychiatre, supposé plus conservateur, traditionaliste et sécuritaire que le psychologue ou le psychanalyste”.
Et vous, de quel côté penchez-vous? Etes-vous plus proche du ministère, qui veut réglementer une profession dont il trouve l’absence de contrôle dangereuse? Ou des associations de professionnels qui voient dans ces mesures une volonté de reprendre en main un espace de liberté individuelle qui échappe à l’autorité?

Pas de réponses

  1. Initiateur de la Loi, Bernard Accoyer, a déclaré dans la presse «À cette époque, j'ai découvert que n'importe qui pouvait s'autoproclamer psychothérapeute et 'soigner', sans la moindre formation ni compétence, des personnes en souffrance » http://www.la-croix.com/La-pratique-des-psychothe
    Au risque de déplaire, il a très mal positionné la cible : les thérapeutes / praticiens en telle ‘spécialité’ séviront encore car ne sont visés par la loi que les psychothérapeutes ; ceux qui se faisaient appeler psychothérapeutes avant et qui ne peuvent pas répondre aux critères de la loi se feront appeler thérapeutes / praticiens en telle ‘spécialité’ pour échapper à la nouvelle loi. S’il y en a une, la plaque professionnelle sera adaptée. Le seul avantage que je vous dans la loi c’est qu’on pourra aiguiller des patients vers des psychothérapeutes en les distinguant des ‘vulgaires’ thérapeutes dont les pratiques sont à risque.
    En revanche, la loi permet aux médecins d’accéder au statut de psychothérapeute alors que leurs formations ne les y prédestinent pas l
    Le psychiatre « est un [ndlr : médecin] spécialiste traitant de graves maladies mentales sur une base médico-psychiatrique. (…) Suite au diagnostic du psychiatre, les méthodes de traitement les plus fréquemment utilisées sont la prescription de médicaments (antidépresseurs, sédatifs, anxiolytiques, antipsychotiques, lithium, etc.), la psychanalyse, l'incarcération du patient dans un hôpital psychiatrique, la contention physique, la contention chimique, les traitements par l'électrochoc et dans certains cas, toutefois moins fréquents, la chirurgie au cerveau (…). Un psychiatre n'est pas un psychothérapeute. » (…) « [Ndlr : D'un côté] la psychothérapie, [ndlr : de l'autre côté,] la psychologie et la psychiatrie sont deux mondes complètement différents. Nous [ndlr : les psychothérapeutes] ne croyons pas qu'un être humain peut souffrir d'une maladie mentale incurable, c'est-à-dire qu'il doit prendre des psychotropes ou des médicaments à vie.» (http://www.cpmdq.com/htm/Q4FAQpsycho.htm )
    Double casquette problématique
    « Les psychiatres ont toujours eu pour mission et continuent de suivre essentiellement les pathologies lourdes. Certains portent la double casquette de psychiatre et de psychothérapeute mais il est bien difficile de conduire efficacement des psychothérapies dans le cadre des consultations classiques car les séances de 10 minutes entrecoupées d’appels téléphoniques ne favorisent guère le travail en profondeur. Si bien que souvent, pour soulager les angoisses de leurs patients, la pharmacopée devient le recours idéal. Et les lobbys pharmaceutiques se frottent les mains. Et on s’étonne de voir la France être le premier pays consommateur de psychotropes. Et on se plaint des trous de la " sécu "… ! » (http://www.annuairepsy.com/index.php?option=com_content&task=view&id=58&Itemid=59 )
    Un tel constat s’applique également et dans tous les pays, aux médecins généralistes, dits ‘de famille’, lorsqu’ils font de l’accompagnement psychologique (consciemment ou pas) ou qu’ils se posent en psychothérapeutes.
    Le chirurgien devenu psycho-thérapeute, Thierry Janssen fait un constat analogue : « Souvent, j’entends dire que les médecins n’ont pas assez de temps pour écouter leurs patients, qu’ils ont trop de malades à soigner, qu’ils ont trop de traitements à prescrire, trop d’appareils à manipuler. C’est un fait, ce n’est pas une excuse. La vérité est que les médecins ne prennent pas le temps d’écouter les malades. » Ils sont « formés à soigner des corps-objets au lieu d’aider des corps-sujets. (…) du coup, ils acceptent de consulter à des cadences infernales (…). Ils créent du stress pour eux-mêmes et pour ceux qui les consultent. Et dans un tel empressement, ils commettent des maladresses ; ils finissent par blesser ceux qu’ils veulent aider. Ce que certains patients me racontent de leur relation avec leur médecin est stupéfiant. » (…) « Ecouter les patients permettrait d’éviter bien des examens, des soins et des prescriptions inutiles. Cela permettrait de réduire le nombre d’erreurs thérapeutiques. »
    (La maladie a-t-elle un sens, 2008, Fayard, p. 301 & 302).
    On est alors en droit se poser la question de savoir si l’esprit du serment d’Hippocrate, d’abord ne nuire en rien, est correctement appliqué ! De toutes, façons, de telles attitudes manifestement iatrogènes conduisent de plus en plus de gens à se détourner de la pratique conventionnelle de la santé, au profit des approches non conventionnelles, même si cela n’est certes pas sans risques.
    N’importe qui ne pourra donc plus s’autoproclamer psychothérapeute mais la porte reste bien ouverte pour ceux qui se feront ou continueront à se faire appeler thérapeutes !
    Mais que faut-il entendre par thérapeutes ?
    Dans le Wiktionnaire Internet, sont définis comme thérapeutes, le médecin ou le guérisseur et « en particulier » le psychothérapeute ; ce dernier est défini comme : « Médecin ou personne (non diplômée de la faculté de médecine) spécialisé(e) dans la thérapeutique du psychique.»
    Certains thérapeutes ne se présentent pas nommément comme thérapeutes du psychique, mais exercent dans les faits ce type d’accompagnement. S’ils étaient conséquents, ils devraient donc se faire appeler psychothérapeutes. La plupart du temps ils se sont autoproclamés ‘thérapeutes en…’, suit le libellé d’une approche qui n’a fait l’objet, la plupart du temps, d’aucune étude ne fut-ce qu’empirique.
    Le terme ‘thérapeute’ est un nom générique pour désigner un type donné de pratiques de santé, en l’occurrence : psychothérapie, kinésithérapie, ergothérapie, physiothérapie… Dans de telles conditions, l’utiliser en l’affublant d’une obscure spécialité est abusif, comme par exemple en Biologie Totale, le titre de « thérapeute en décodage biologique ». Voilà déjà une source de dérives en soi : par de tels tours de passe-passe, trop de thérapeutes croient s’affranchir du respect des règles de déontologie propres à la psychothérapie et tout autant des obligations fiscales qui en découlent. En conséquence, ils mériteraient déjà qu’on les appelle ‘dérapeutes’.
    Commentaire: vous caricaturez à loisir, c'est votre droit, mais cela dénote une méconnaissance de votre part des formations des thérapeutes "en spécialités", comme vous dites; c'est une lacune qui invalide enpartie votre propos. Sachez qu'un très grand nombre de thérapeutes sont correctement formés, et nous encourageons tout patient à demander quelle a été la formation d'un thérapeute qu'il vient consulter. Et si les patients avaient la même exigence vis à vis des psychiatres et psychologues, notamment en leur demandant le travail qu'ils ont fait sur eux-mêmes ? Ils auraient de grosses surprises ! Y.MICHEL

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