Témoignages de démocratie citoyenne en Seine Saint Denis, par Patrick Norynberg

Apprendre aux citoyens à s’exprimer et à se coltiner les réalités de terrain d’une mairie, apprendre aux élus à venir à leur rencontre sans a priori, c’est un vaste chantier pédagogique ! C’est ce que fait Patrick Norynberg au Blanc Mesnil: « En travaillant sur leur territoire, les habitants approfondissent l’expertise qu’ils en ont. Ils en comprennent les tenants et les aboutissants« . Voici deux textes fournis par Patrick NORYNBERG, auteur de deux livres parus chez nous:

FAIRE LA VILLE AUTREMENT, 2e édition 10 ans après la 1ère, et

VILLE, DEMOCRATIE, CITOYENNETE, l’expérience du pouvoir partagé, qui en est le prolongement avec des propositions.

Témoignage de Patrick Norynberg , directeur général adjoint chargé du développement social et territorial du Blanc-Mesnil

Un bref historique de la démarche de concertation de la commune du Blanc-Mesnil
En 1999, la ville du Blanc-Mesnil, qui compte aujourd’hui 51 000 habitants, s’est véritablement engagée dans une démarche continue et permanente de concertation citoyenne avec pour point de départ les « Ateliers de l’Avenir ». On s’était fixé trois objectifs : écouter les habitants, améliorer leur vie quotidienne et ancrer la démarche participative dans le temps. On ne savait pas du tout ce qui ressortirait de ces ateliers. On a procédé en trois temps : un premier moment d’expression de la colère, un deuxième temps où les participants devaient s’autoriser à rêver, enfin, une troisième phase de réflexion constructive sur des projets à venir. On voulait surmonter les impossibilités avec les gens, trouver des solutions collectivement. Ces ateliers ont donné naissance à différents projets dont un projet phare, « La maison pour tous Jean Jaurès», qui a ouvert ses portes en avril 2006, un lieu qui vise à « faciliter l’intégration sociale, favoriser la citoyenneté au quotidien de tous, lutter contre l’échec scolaire et l’illettrisme. Créer les conditions d’une » ouverture culturelle possible pour tous, éveils aux pratiques artistiques et sportives. Développer les actions en faveur de l’accompagnement à l’emploi et des publics en difficultés. ». On a entièrement bâti ce projet avec les habitants.
Selon vous, quels sont les apports concrets que permettent une démarche de co-construction ?
Je distingue deux types d’apports.
Sur le plan individuel…
La reconnaissance
: Le cheminement des habitants qui s’impliquent dans ces espaces est très intéressant. On voit des personnes qui n’osaient pas au début, prendre leur place petit à petit. J’ai vu des gens se transformer, retrouver une estime de soi, une dignité.
L’apprentissage de la citoyenneté : Ils prennent conscience de leur utilité dans l’espace public, de leur rôle en tant que citoyen dans le débat.
Sur le plan collectif…
La cohésion sociale
: Cela contribue à créer des relations intéressantes, un lien social de proximité, à nouer des solidarités entre les gens. Ils apprennent à se connaître, à se comprendre.
La dynamique collective : On parle beaucoup du vivre ensemble actuellement. Mais le vivre ensemble passe avant tout par de l’agir ensemble. La construction collective d’un projet motive les gens et leur donne l’envie de faire par eux-mêmes, les responsabilise.
Une expertise en devenir : En travaillant sur leur territoire, les habitants approfondissent l’expertise qu’ils en ont. Ils en comprennent les tenants et les aboutissants. Nous réalisons des séances de formation des habitants afin que ces derniers puissent prendre des décisions en connaissance de cause.
Un travail de co-construction technicien/habitant : L’expertise d’usage des citoyens enrichit profondément le travail des professionnels. Les deux approches sont complémentaires. Les habitants ne sont pas des spécialistes mais leur réflexion sert les techniciens. Par exemple, afin de réaliser les plans de la future « Maison pour tous », nous avons co-écrit un document autour de l’usage qu’ils souhaitaient faire du bâtiment. L’architecte était ravi. En identifiant parfaitement notre besoin, il a pu répondre à notre attente et imaginer un lieu adapté.
Modestement, on fait comprendre aux gens qu’ils ne sont pas là pour « consommer » les l’élus  mais qu’ils doivent devenir acteurs de leur territoire aux côtés des élus et des professionnels, tous partenaires.

ET:  Compte rendu séminaire AIP2 « La participation des exclus »

Sujet : La participation des exclus : pourquoi, comment ?
Auteurs : Association internationale pour la participation publique AIP2
Date : 11 octobre 2010 Compte rendu du séminaire

Sommaire
1. INTRODUCTION DES DEBATS 3
1.1. INTRODUCTION D’HAMOU BOUAKKAZ 3
1.2. OUVERTURE DES DEBATS PAR GILLES-LAURENT RAYSSAC, PRESIDENT D’AIP2 4
2. LES AUDITIONS 9
2.1. ANIMER UN PROJET AVEC TOUS LES HABITANTS DANS L’ESPACE PUBLIC PATRICK NORYNBERG 9
2.1.1. La ville du Blanc Mesnil 9
2.1.2. Un outil d’élaboration de projets avec les habitants ; les ateliers de l’avenir 10
2.1.3. Les enseignements à tirer 11
2.2. QUESTIONS ET REMARQUES 12
2.3. DIALOGUE CITOYENS A NANTES, PASCAL BOLO 14
2.3.1. Le contexte 14
2.3.2. Les enjeux 14
2.3.3. La mission 15
2.3.4. La synthétisation du travail mené 15
2.3.5. Conclusion 16
2.4. QUESTIONS ET REMARQUES 17
2.5. COLLECTIF K’OSE TOUJOURS, CITOYENS ENSEMBLES ET AUTREMENT 19
2.5.1. Présentation du Collectif K’Ose Toujours 19
2.5.2. Présentation de la MRIE et son travail avec K’ose Toujours 21
2.6. QUESTIONS ET REMARQUES 23
3. LE DEBAT 26
LA PRESENCE DES EXCLUS 26
LA METHODE : COMMENT FAIRE COEXISTER REFLEXIONS ASCENDANTES ET DESCENDANTES ? 26
LE ROLE DES ACTEURS SOCIAUX DANS LES PROCESSUS DE CONCERTATION 28
LA MOBILISATION DES BENEFICIAIRES DU RSA 30
4. SYNTHESE ET CLOTURE DES DEBATS 32

10 10 2011 Compte rendu du séminaire exclus v2

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