Nantes se donne un an pour lancer sa monnaie locale, sur le modèle du WIR suisse.

Inspiré de la banque suisse WIR, le système, ouvert aux entreprises et aux particuliers, fonctionnera autour d’une chambre de compensation gérée par le Crédit municipal de Nantes.

Ecrit par Emmanuel GUIMARD Journaliste, LES ECHOS, 6 mars 2012

Nantes compte lancer dès l’été 2013 sa monnaie locale, complémentaire de l’euro. S’il existe déjà des initiatives dans le domaine en France, aucune, à l’échelle d’une grande agglomération ne vise à la fois les entreprises et les particuliers. Nantes entend s’inspirer de l’expérience de la banque coopérative WIR, à Bâle (Suisse), qui compte 60.000 PME adeptes de son système de paiement sans numéraire.

« L’idée était inscrite dans notre agenda 21 en 2006, mais ce n’était pas une priorité. Il nous est ensuite apparu que cela pouvait être une initiative de la collectivité au service de l’économie et de l’emploi sur le territoire dans un contexte de crise des liquidités », explique Pascal Bolo, adjoint chargé des finances. « L’idée n’a rien de folklorique, elle répond à l’accroissement des échanges interentreprises sous forme non monétaire, explique Jean-Marc Ayrault, le maire PS de Nantes. Il n’y aura ni pièces ni billets mais un système de gestion via une chambre de compensation. »

Ce système sera géré par le Crédit municipal de Nantes, établissement disposant de 28 millions d’euros de fonds propres. L’appui d’une banque coopérative régionale sera requis pour l’ingénierie bancaire et les systèmes informatiques.

Concrètement, les entreprises adhérentes disposeront d’un compte libellé en unités de compte interne (UCI), déjà surnommé le « nanto », permettant de payer ou d’être payé par les autres entreprises participant au circuit. La monnaie ne pourra être thésaurisée et le solde pourra être soit positif soit négatif, mais l’objectif structurel est de converger périodiquement vers l’équilibre. Le Crédit municipal devra donc fixer des plafonds aux déséquilibres et des pénalités croissantes sur les curseurs dépassés, qu’ils soient positifs ou négatifs. Les sommes non dépensées pourront être versées dans un système de financement des associations.

Accélérer les échanges

L’un des objectifs du système est l’accélération des échanges sur le territoire. Pour les entreprises adhérentes, l’avantage est de pouvoir fonctionner en limitant le recours à leur trésorerie en euros. Pour atteindre un nombre d’adhérents suffisant et créer sans retard un cercle vertueux, la ville a sollicité les chambres consulaires. « L’accueil de la chambre des métiers a été très bon », note Pascal Bolo.

Le système répond surtout aux attentes des PME de services de proximité, du bâtiment ou de la restauration. Nantes s’est rapprochée de la société Chèque Déjeuner pour mûrir sa réflexion. Pour amorcer la pompe, la ville entend également placer dans la boucle les sociétés d’économie mixte et parapubliques dont les gestionnaires des transports en commun, des parkings ou des centres aérés. L’originalité du système nantais par rapport au WIR serait l’intégration des particuliers dans le système. Des compléments de rémunération ou prestations de comités d’entreprise pourraient être versés en monnaie locale.

Emmanuel Guimard, Les Echos

Et une interpellation de Jean-Marc AYRAULT pour dire la vérité sur les banques

Lundi 9 janvier 2012  Publié dans : Tribunes Libres

« Une monnaie locale à Nantes, espoir et réalité… »

Parité-or versus monnaie électronique et gratuite

La mairie de Nantes veut lancer une monnaie locale « sur le modèle de ce qui existe à Bâle (Suisse) ». « L’objectif est de faire face à la crise de la liquidité », explique Jean-Marc Ayrault. Mais il n’y a pas de crise de « liquidité ». Le maire de Nantes ne peut ignorer qu’une pénurie monétaire est une fable inventée par les banquiers. Ce fut vrai autrefois du temps de la parité-or : pas de métal précieux, pas de monnaie, ralentissement du commerce, mais depuis le siècle dernier, tous les pays ont officiellement abandonné cette parité-or.

La monnaie est électronique à 95 %, des chiffres et des lettres créés sur ordinateur et conservés sur disque dur…sans aucune contrepartie en métal précieux ! Ce qui donne l’illusion de la cherté de l’argent (gratuit à sa création) c’est une taxe appelée intérêts bancaires, un privilège accordé aux banquiers par le pouvoir politique sous l’Ancien Régime en échange de prêts avantageux, permettant aux monarques de rester sur leur trône. 1789 n’y a rien changé et les Républiques ont conservé ce système…C’est cette taxe privée, fixée arbitrairement, qui enrichit banquiers et financiers.

« On ne va pas battre monnaie » poursuit Jean-Marc Ayrault, et pourtant le gouvernement issu du Conseil National de la Résistance, a eu le courage d’obliger la Banque de France à prêter gratuitement à l’Etat, ce fut les Trente Glorieuses. Avant même l’arrivée de l’informatique, la monnaie était déjà quasiment gratuite, papier et pièces de métal vulgaire. De 1945 à 1973, pas de chômage, pas de dette publique, et des services publics uniques au monde. La loi Giscard-Pompidou du 3 janvier 1973 a interdit ces prêts gratuits, l’Etat, étant contraint d’emprunter aux banques privées, la dette publique grossit, et avec elle le chômage.

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