Pour une autre Europe et un autre monde…

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  1. A Philippe et Monique Olivetti,
    Je me sens en pleine communion de pensée avec vous. J'aimerais vous recommander l'association "Frères des Hommes" qui oeuvre courageusement pour promouvoir "un monde meilleur". Ils viennent de relayer, sur leur site, un appel à l'Europe qui pourrait vous intéresser. http://www.fdh.org/spip.php?page=backend&lang

  2. Danièle Marti dit :

    Chers Monique et Philippe Olivetti,
    Et si nous faisions un autre rêve : que les consommateurs prennent conscience de leur pouvoir !
    La cupidité des chefs d'entreprises et de leur actionnaires qui délocalisent leurs productions dans le seul but d'engranger des énormes bénéfices et des plus-values boursières est devenue la cible qui occulte le rôle majeur du consommateur dans cette entourloupe financière dont il est au final le dindon. Et nous sommes tous consommateurs !
    La réalisation de l'enrichissement du capital au détriment du monde du travail est soumise à une condition impérative :il faut que les consommateurs occidentaux achètent les marchandises délocalisées sans quoi aucun bénéfice n'est possible et toute délocalisation inutile. La complicité du consommateur est une condition sine qua non. Pour cela il est fait appel à sa non moins cupidité en lui proposant les marchandises délocalisées à un prix nettement supérieur à leurs coûts de production mais cependant inférieur de plusieurs euros au prix des marchandises identiques fabriquées par des entreprises locales au coût de notre propre main-d'oeuvre ce qui leur interdit de s'aligner sur ces prix plus bas, leur fait perdre leurs parts de marché et provoque leur fermeture et le licenciement de leur personnel. Le consommateur gonfle artificiellement son pouvoir d'achat mais des pans entiers de notre industrie manufacturière disparaissent générant un chômage endémique. Il est le fossoyeur des emplois et des salaires et le pourvoyeur du chômage. C'est lui, et lui seul, qui permet de transférer l'écrasement des revenus du travail vers les plus-values du capital. Sa cupidité n'a d'égale que sa cécité. Il oublie que ses ressources de consommateur proviennent de son travail de salarié et que le chômage finira par engloutir son pouvoir d'achat.Il ignore également les conséquences collectives néfastes de son comportement : les productions délocalisées n'aliment plus les impôts ni les cotisations sociales, les caisses de l'Etat se vident et l'endettement des organismes sociaux devient pléthorique menançant leur existence. De plus, pour soi-disant lutter contre le chômage, on accorde aux entreprises locales les exonérations d'impôts et de charges sociales qui accentuent ce problème de trésorerie. Les charges collectives sont alors répercutées sur les particuliers : augmentation de impôts locaux, déremboursement des dépenses de santé, recul de l'âge de la retraite et diminution des pensions…Le gain de pouvoir d'achat du départ est largement englouti.
    Le consommateur est la clé de voûte qui soutient l'édifice, sa défaillance provoque l'effondrement du système. La preuve : c'est l'insolvabilité des consommateurs occidentaux qui a déclenché les crises financière et économique, elles sont plus aigues dans les pays anglo-saxons et amorties en France grâce aux aides sociales mais ces aides sont financées à crédit, jusqu'à quand ?
    Avec son porte-monnaie le consommateur détient un pouvoir économique absolu plus efficace et plus direct qu'avec son bulletin de vote. Dans les difficultés actuelles les consommateurs ne sont pas d'innocentes victimes, ils y ont largement contribué et peuvent se frapper la poitrine : mea culpa, mea maxima culpa.
    Le "produire et consommer localement" est la solution mais comment atteindre et convaincre la masse des consommateurs qui croit toujours réaliser de bonnes affaires dans les supermarchés, illusion savamment entretenue par la publicité et le marketing ?

  3. Philippe Olivetti dit :

    A Danièle Martin,
    Je suis tout à fait d'accord avec votre analyse du rôle déterminant du consommateur, qui détient effectivement, ainsi que vous le montrez de façon détaillée et pédagogique, un pouvoir économique considérable.
    En ce qui me concerne, je ferai cependant deux remarques.
    La première est que les consommateurs ont (conséquence de leurs choix passés ?) de moins en moins la possibilité de choisir des produits fabriqués localement dans certains domaines : j'ai ainsi passé un long moment au rayon bricolage d'une grande surface à la recherche – vaine – d'outils "made in France", le choix de jouets produits en France devient de plus en plus difficile…
    La deuxième est que l'attitude actuelle de la plupart des consommateurs me semble plus être liée à des difficultés financières et à un manque de conscience des conséquences de leurs actes, qu'à une éventuelle cupidité.
    D'où l'immense intérêt, selon moi, de votre commentaire qui sensibilise les consommateurs à l'importance de leurs choix… et de votre rêve de voir les consommateurs prendre (enfin !) conscience de leur pouvoir !

  4. Danièle Marti dit :

    A Philippe Olivetti
    Merci pour votre réponse à mon commentaire.
    J'apporte quelques précisions sur vos deux remarques :
    Il y a beaucoup plus que les domaines de l'outillage et des jouets dans lesquels les consommateurs ne trouvent plus de produits fabriqués localement. Tout ce qui pouvait être délocalisé l'a été progressivement depuis les années 1970. Les activités non délocalisables parce que liées à la personne ou au sol comme l'agriculture et le bâtiment par exemple emploient abondamment de la main-d'œuvre immigrée, sous payées et non déclarée (on pratique la délocalisation sur place !)
    Le consommateur, manipulé par la publicité experte dans l'exploitation de toutes les faiblesses humaines (désirs, envies, convoitises, vanité…) et qui profite sans vergogne de son ignorance sur les conséquences de ses actes (lacune pédagogique volontaire ?), n'est pas conscient de la cupidité qui sous-tend sa boulimie de biens de consommation. La satisfaction des besoins de base à prix réduits a permis de dégager du pouvoir d'achat pour les plaisirs, les loisirs, les vacances, les futilités, dont certains sont eux-mêmes proposés à bas coûts. Nous nous sommes habitués à vivre au-dessus de nos moyens grâce à l'esclavage économique des pays sous-développés et au pillage de leurs ressources naturelles. Aujourd'hui, ancrés dans ces désirs immodérés de consommation, une réduction de ce pouvoir d'achat est ressentie comme une perte inacceptable et non comme une juste remise à niveau de nos excès.
    Le retour du boomerang condamne de plus en plus de consommateurs à survivre avec les aides sociales et le travail précaire qui les propulsent vers le hard discount où ils pérennisent le chômage dont ils sont les victimes. Les difficultés financières ne sont pas la cause mais la conséquence du processus de destruction, la cause est le manque de conscience, berceau de l'ignorance des règles élémentaires de la solidarité économique.
    Nous avons mis plusieurs décennies pour détruire l'économie sociale dans l'euphorie consummériste, il faudrait également plusieurs décennies pour la reconstruire par des privations consenties. Même si nous en avions le courage, nous n'en avons plus le temps. Les catastrophes écologiques imminentes vont vous imposer brutalement la sobriété par les pénuries qu'elles génèreront.
    Mon rêve est très utopique.

  5. Philippe Olivetti dit :

    Remarque préalable : ce commentaire, adressé initialement à Danièle Martin, me semble également pouvoir intéresser toutes celles et tous ceux qui « souhaiteraient que les choses changent mais ne savent trop que faire pour cela »…
    A Danièle Martin,
    Je vous remercie pour les précisions que vous avez apportées à mes deux remarques, et vous livre ici ce qu’elles m’inspirent à leur tour.
    SUR LES DELOCALISATIONS
    Pour commencer, je constate, tout comme vous, qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des produits fabriqués localement dans de multiples domaines, et pas uniquement dans les secteurs de l’outillage et des jouets que je n’avais mentionnés qu’à titre d’exemple.
    Et je partage également votre analyse (nouvelle pour moi), selon laquelle le recours à une main d’oeuvre immigrée pour réaliser différentes activités « non délocalisables car liées au sol ou à la personne » peut, à juste titre, être considéré comme une « délocalisation sur place ».
    SUR LE ROLE DES DIFFICULTES FINANCIERES
    Comme vous, je considère que des difficultés financières peuvent à la fois être considérées comme cause et comme conséquence de la destruction de l’économie sociale à laquelle nous assistons depuis des années.
    Des difficultés financières (cause) peuvent ainsi nous amener à rechercher des produits et des services à bas coûts, qui seront soit importés soit proposés par des sociétés « pressurant » employés et fournisseurs ; ce qui contribue à alimenter chômage, précarité et stagnation des revenus d’un nombre croissant de personnes qui seront, à leur tour, confrontées à des difficultés financières (conséquence… et future cause) qui les amèneront, comme décrit plus haut, à rechercher des produits et services à bas coûts…
    SUR LE POINT DE DEPART DE LA DESTRUCTION DE L’ECONOMIE SOCIALE
    Par contre, le point de départ de la destruction de l’économie sociale ne me semble pas tant être le « consumérisme et la cupidité du plus grand nombre » que la « dérégulation des échanges internationaux » (via la suppression de quotas, la baisse de barrières douanières…), voulue et organisée par une partie de nos élites depuis les années 1970, qui permit la mise en concurrence directe de pays aux politiques sociales et fiscales fort différentes, et l’alignement – vers le bas – de ces politiques via délocalisations, et menaces de délocalisations ou de perte de compétitivité… (ce point de vue est développé, de façon plus détaillée, dans l’épilogue, pages 70-71, du texte téléchargeable plus haut).
    Et si cupidité il y a, elle se situe essentiellement, selon moi, au niveau de certaines de nos élites, qui ont mis en place et orchestré cette concurrence, et en ont profité pour s’enrichir considérablement depuis les années 1970, quand les revenus du plus grand nombre stagnaient ou n’augmentaient que modérément (Cf. par exemple les notes et remarques, associées à l’épilogue, figurant pages 72-74 du texte téléchargeable plus haut).
    SUR NOTRE AVENIR
    Enfin, si notre situation m’apparaît également fort difficile (avec notamment les risques de catastrophes écologiques que vous évoquez), tout ne me semble pas encore joué.
    Pour au moins 5 raisons.
    1/- Parce que les aspirations d’un nombre croissant de personnes sont en train de changer un peu partout dans notre monde, comme en témoignent, par exemple, différentes études nationales et internationales, peu relayées par nos médias, sur nos valeurs et nos comportements (Cf. par exemple les études relatées par le livre « Les créatifs culturels en France » présenté dans les pages 85-86 du texte téléchargeable plus haut).
    2/- Parce que notre pouvoir de consommateur est immense, ainsi que vous l’avez vous-même si bien montré dans votre commentaire du 1er juillet 2009 (et que nous évoquons également dans l’avant-propos, page 5, et dans la conclusion, page 66, du texte téléchargeable plus haut).
    3/- Parce qu’il existe déjà maintes solutions concrètes et opérationnelles à la plupart des problèmes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés, même si nos médias n’en rendent que peu compte (Cf. par exemple le livre « 80 hommes pour changer le monde » présenté dans les pages 87-88 du texte téléchargeable plus haut).
    4/- Parce qu’il existe des alternatives crédibles aux politiques souvent présentées comme incontournables par la plupart de nos médias (Cf. texte téléchargeable plus haut).
    5/- Enfin et surtout parce que les différentes prises de conscience qui peuvent nous amener à agir (prise de conscience de l’évolution des mentalités, de notre pouvoir de consommateur, de l’existence de solutions concrètes et opérationnelles, de l’existence d’alternatives politiques crédibles…) peuvent être très rapides (le temps de lire – ou de parcourir – le texte téléchargeable plus haut) et se propager à la vitesse de nos formidables moyens de communication (texte pouvant aisément être envoyé par E-mail).
    Par contre, si rien ne me semble perdu à ce jour, rien ne me semble non plus gagné d’avance, et seule la participation active et rapide de nombre d’entre nous à un changement réellement bénéfique pour le plus grand nombre (*) fera pencher la balance d’un côté favorable.
    Si vous êtes intéressée, à vous de jouer !
    Bien cordialement,
    Philippe Olivetti
    (*) voire pour chacune et chacun d’entre nous, dans la mesure où la nécessaire remise en cause de la course au « toujours plus de biens matériels » n’est pas antagoniste avec un bonheur individuel accru, pour peu que nous réalisions :
    – la nature des différents besoins fondamentaux, que nous essayons aujourd’hui de satisfaire, de façon plus ou moins consciente, via une consommation parfois effrénée de biens et de services,
    – les comportements permettant de réellement les satisfaire.
    Je n’ai pas la place de développer ici cet aspect qui me semble crucial, mais il est largement abordé dans le chapitre 4 du texte à l’origine du livre « Repères pour un monde meilleur », qui est téléchargeable gratuitement depuis le site http://www.informationsetdemocratie.com, et que je vous invite à parcourir.

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