Un chef gastronomique victime de l'acharnement de l'administration

COMMUNIQUE DE PRESSE Tours, le 5 juillet 2013

Menace sur le patrimoine gastronomique vivant de Touraine

Slow Food soutient Bernard Charret, chef des Chandelles Gourmandes à Larçay (37)

Cela ressemble à un mauvais polar. La scène se passe au 44 rue Nationale le vendredi 28 juin 2013 chez Bernard Charret, restaurateur depuis 30 ans à Larçay.

Représentants de la Gendarmerie Nationale de Montlouis-sur-Loire, de l’URSAFF et de la DDPP de Tours : ce ne sont pas moins de 10 personnes qui débarquent sur fond de « cette fois, on va l’obtenir cette fermeture administrative ! ».

Crédit photo: Patrice Deschamps Mais laissons les cow-boys à leur western pour se concentrer sur les faits. L’épisode de vendredi dernier s’est effectivement soldé par la fermeture administrative des Chandelles Gourmandes. Deux contrôles d’hygiène et deux contrôles fiscaux en cinq ans : on peut s’interroger sur les raisons d’un tel acharnement contre un homme qui parle de son métier ainsi : « Je suis convaincu que mon travail de cuisinier, s’il exprime mon talent, doit retransmettre à mes hôtes le sentiment de ma région et assurer leur bien-être. Pour cela, le seul moyen est de s’assurer des approvisionnements locaux, chez des petits paysans, pêcheurs, éleveurs qui eux-mêmes sont engagés par conviction dans une agriculture biologique ou biodynamique, et qui travaillent sur la biodiversité, respectent leur environnement et les gens qu’ils fournissent. ».

Cet homme, et son travail acharné depuis trente ans, se trouvent être un exemple vivant du modèle évoqué récemment par le ministre de l’agriculture, Dominique Le Foll : « Nous avons à défendre l’idée que l’agriculture peut être différente, au nom justement de ce que peuvent vouloir les citoyens, à la fois en termes d’organisation de société – paysages, aménagement du territoire, occupation de l’espace, prise en compte de la durabilité – et la question du lien entre l’agriculture et l’alimentation. Ce n’est pas le lien entre production agricole et consommateurs qui m’intéresse. C’est le lien entre l’agriculture et la dimension citoyenne de l’alimentation : c’est-à-dire le choix social. »

L’histoire de Bernard Charret, c’est l’histoire de milliers de producteurs, éleveurs et chefs qui ont à faire face au durcissement des normes hygiénistes du système alimentaire depuis quelques décennies en France. Des normes hygiénistes, nécessaires du fait des risques engendrés par un système industriel de production alimentaire, mais en revanche complètement inadaptées à un maître restaurateur et sa salle de 40 couverts. Des normes et un système de contrôle qui ont, qui plus est, montré leur incapacité à éviter que de la viande de cheval ne finisse dans des lasagnes distribuées en France, des matières fécales dans des tartes au chocolat. Des normes qui, si nous ne voulons pas nous contenter de restaurants aux cuisines d’assemblage, devront prendre en compte les spécificités du fait-maison.

Une semaine après le lancement officiel du réseau des Cités de la Gastronomie, dont Tours fait partie, comment interpréter ce coup porté à l’une des plus solides sentinelles locales du repas gastronomique des français ?

Slow Food demande aux pouvoirs publics engagés dans la démarche de création des cités de la gastronomie de démontrer leur engagement dans la sauvegarde du patrimoine gastronomique. Ce patrimoine, il ne s’agit pas seulement de le mettre sous vitrine dans une cité de la gastronomie prestigieuse. Il s’agit de le défendre en ce qu’il est vivant, notamment en la personne de Bernard Charret et de tout le réseau de producteurs auquel il permet de vivre.

Nos noms s’ajoutent à ceux, nombreux, sur liste d’attente pour une réservation dès la réouverture des Chandelles Gourmandes.

D’ici là, tous les messages de soutien peuvent être adressés à Bernard Charret et toute l’équipe des Chandelles Gourmandes sur la page Facebook « Rallumons les Chandelles ».

Contacts Slow Food en France : Lucia Penazzi – lucia@slowfood.fr – 06 13 34 25 65

Pascale Brevet – pascale.brevet@eurogusto.org – 06 11 10 49 48

 

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